ICI PAR HASARD

10 au 29 mars 2025 - Centre du Théâtre d’Aujourd’hui - Salle Jean-Claude Germain

 
  • Olga, Macha et André se réunissent au chalet familial pour répandre les cendres de leur soeur qui s’est suicidée un an auparavant. Mais un coup de vent provoque une tournure surréaliste : le contenu de l’urne se disperse dans la bay-window-qui-a-coûté-vraiment-cher-aux-parents au lieu de retourner cérémonieusement dans la nature. La fratrie n’en est pas à sa dernière surprise alors qu’elle voit apparaitre une Irène ravie de revenir d’entre les morts pour les retrouver.

    Avec subtilité, humour et sensibilité, l’autrice Carolanne Foucher convie le public à des retrouvailles peu ordinaires entre les membres d’une famille endeuillée. À travers des dialogues percutants et empreints de vérité, le récit explore les répercussions du suicide sur ceux et celles qui restent et soulève des questions délicates sur le pardon, le deuil et la réparation des liens familiaux brisés. Ici par hasard est une réflexion poignante sur la quête de sens après une perte dévastatrice et sur la façon dont l’humour et la poésie peuvent cohabiter avec le tragique.

  • Texte : Carolane Foucher

    Mise en scène et direction de production : Cédrik Lapratte-Roy

    Assitance à la mise en scène : Simone Latour Bellavance

    Régie : Marie-Frédérique Gravel et Cédrik Lapratte-Roy

    Interprètes : Simon Beaulé-Bulman, Odile Gagné-Roy, Carolane Foucher et Mary-Lee Picknell

    Conception : Marie-Frédérique Gravel, Nadine Jaafar et Joëlle LeBlanc

EXTRAIT

IRÈNE

Je le savais pas avant là, là, mais: si je sors du chalet je vais disparaître.

ANDRÉ

Hein? BOUGE PAS.

André se précipite vers sa soeur.

IRÈNE

Non non je vais pas… C’est correct André. Je vais rester sur la marche.

ANDRÉ

Tu vas nous le dire?

IRÈNE

De?

ANDRÉ

Quand tu vas repartir? Tu nous referas pas le coup, là?

IRÈNE

Heu… non-non. (Temps) Tu peux y retourner André.

ANDRÉ

Non mais ça me dérange pas de rester avec toi.

Irène et André regardent Olga et Macha qui regardent le ciel. C’est beau en crisse.

IRÈNE

Vas-y Dédé. Manque pas ça. Vas voir.

André hésite.

IRÈNE

Je vais vous regarder d’ici. Je suis correcte.

André hésite encore.

IRÈNE

Je te promets que je vais être là quand tu reviens.

André serre sa soeur dans ses bras, et descends les marches pour aller rejoindre ses soeurs. C’est un magnifique ballet d’aurores boréales. Irène reste sur la dernière marche. Elle ne voit pas le ciel. Elle voit ses frères et soeur qui voient le ciel.

ANDRÉ

C’est heu… C’est tout rose, Irène! Pis, regarde, regarde la neige! Tu vois la neige? La lumière rebondit dessus, c’est pas mêlant, on dirait que quelqu’un a branché un projecteur. Ça se peut juste pas cette lumière-là! Pis ça bouge!! Y’a du vert, comme une ligne verte qui tranche l’horizon! Ça arrête pas de bouger, mais c’est pas étourdissant, c’est calme, on dirait le genre d’éclairage qu’on mettrait dans une chambre de bébé, puis puissance mille, puissance INDICIBLE. Le vert fade pour devenir un espèce de bleu électrique, WOW c’est quoi ce bleu-là, comment est-ce qu’un bleu comme ça peut exister dans la nature? C’est pas bleu-ciel c’est bleu chargé, bleu explosif, on dirait que si on touche à ça on deviendrait magiques, on deviendrait des dieux! Faudrait qu’on puisse toucher, Irène, je te jure faudrait qu’on puisse y toucher, faudrait qu’on puisse boire ce bleu-là, ça guérirait toute.

C’est beau Irène, c’est beau, c’est grandiose, si tu voyais ça… ça te ressemble.

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